Les Instants Chavirés sont depuis 1991 un lieu de diffusion pensé comme un laboratoire des musiques improvisées, expérimentales, bruitistes.
Son annexe, l’ancienne brasserie Bouchoule, propose un autre regard autour des arts visuels et sonores.
Deux lieux pour un même partage d’une certaine création contemporaine.

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mardi 6 novembre 2012

L’ABOMINABLE
projections, concert
entrée libre

 

LES INSTANTS CHAVIRES ACCUEILLENT 
« L’ABOMINABLE » !

L’Abominable est un laboratoire cinématographique d’artistes. Il met à la disposition de cinéastes et de plasticiens les outils qui permettent de travailler les supports du cinéma argentique : super-8, 16 mm et 35 mm. A l’occasion de sa réinstallation en Seine Saint-Denis, une programmation dans différents lieux propose un aperçu de ce qui s’y réalise.

Le programme de cette soirée aux Instants chavirés fait la part belle à la musique. Elle est la source d’inspiration directe de plusieurs des films qui lui offre leur bande sonore. Elle est également l’inspiration d’une certaine démarche qui consiste à faire un film comme on jouerait de la musique : improvisation, harmonie des couleurs, rythmes et battements visuels, etc.

Quand le cinéma est avant tout une écoute !

à 20h30 en entrée libre

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> Première partie : projection (55 mins)


© Pip Chodorov

-Soupir d’écume I, Dominique Lange, 16mm, 10 min, 2002

La vision crépusculaire et mi-close des éclats aveuglants laisse à peine entr'apercevoir de fugaces et lumineuses phosphorescences inattendues, par et en travers du décors, comme autant de fulgurations de l'entendement, promesses de fameuses couleurs à venir...
 
-Link, Yves Pelissier, 16mm, 12 min, 1999

Persistance d'images projetées en boucle. Installation de rythmes élargis par des interventions visuelles et sonores. Répétitions/ Ruptures/ Variations rythmiques. Film tiré d'un travail en performance avec Lionel Fernandez et Erik Minkkinen (Sister Iodine/Discom). Composition dans l'espace et dans le temps utilisant des images et des sons manipulés en direct.

- Charlemagne 2 : Piltzer, Pip Chodorov, 16mm, 22 min, 2002

Le 9 décembre 1998, Charlemagne m'a demandé d'emmener des amis à son concert piano à l'occasion d'un vernissage à la galerie Piltzer à Paris ; et aussi d'y emmener une caméra.
J'ai exposé deux bobines de Super-8 tri-x à 9 images par seconde (5 minutes d'images), et j'ai enregistré le son sur mini-disc (22 minutes de son). Je ne pensais plus à ces bobines, qui sont restées non développées pendant deux ans et demi. Quand je les ai retrouvées en juin 2001, je les ai traitées comme négatif. J'ai été surpris par le résultat et je les ai gonflées en pellicule 16mm positive haut contraste. Puis j'ai tiré par contact le 16mm positif sur du 16mm négatif. Ensuite, avec une tireuse optique, j'ai tiré image par image à travers ces bobines master négatives et positives sur de la négative couleur à travers des filtres colorés, en suivant une notation précise du concert.
Le résultat final est à la fois un journal filmé spontané, un document-trace du concert, un flicker film structuraliste, un film traité à la main, une représentation graphique de la musique, et un essai de l'application des principes de la science cognitive de la sensation et la perception à l'art cinématographique.

 
- Underground, Emmanuel Lefrant, 16 mm , 8 min, 2001

Roland Barthes disait : « Bien nommée, la pellicule est une peau sans béance. » Avec le cinéma direct, cette formule, rendue axiomatique par l'imagerie dénuée d'aspérités du cinéma traditionnel, ne sera plus vérifiée. La peau « lisse » de l'image se métamorphose en épiderme. Au contraire de la cinématographie scientifique du début du siècle, les micro-organismes ne sont pas ici recréés de toutes pièces (en étant filmés) mais plutôt reproduits à même la pellicule (figée sur le ruban, mais en mouvement à l'écran du fait du mécanisme d'entraînement du projecteur). Paradoxalement, il s'agit d'atteindre à travers une image abstraite un réalisme paroxystique, en montrant réellement les micro-organismes, sans autre intermédiaire que l'optique du projecteur. Chaque courbe, chaque aspérité qui marque l'émulsion est un geste du temps, une trace de son passage. Les « formes secrètes » de l'émulsion se dévoilent au profit de la mise en valeur de la matière, du celluloïd et des procédés de révélation de l'image.

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Deuxième partie : performance live ! (30 mins)

 -Petrolio
de STEFANO CANAPA (projecteurs 16mm) et MATHIEU WERCHOWSKi (violon, effets)

« À la façon d'une pièce de musique sérielle, Petrolio est construit à partir d'un matériel visuel réduit à l'essentiel : un plan fixe tourné dans une petite station balnéaire, Vernazza, dans la région des Cinq Terres, en Italie.

Ce plan - deux adolescents sur une jetée - est le sujet et le point de départ d'une trajectoire qui nous mène, par changements minimes et superpositions progressives, au cœur de la matière film, une percée dans l'image autant par le biais du travail en laboratoire que par la pratique du jeu en direct : manipulations de la mécanique, de l'optiques et de la lumière.

Je reprends à mon compte le jeu de ces adolescents face à la mer, cette fois dans l'obscurité de la salle, sorte de mouvement vers la disparition, l'effacement.

Petrolio, dès ses premières ébauches s'est construit en dialogue avec la musique. Il est possible d'envisager sa structure telle une partition en image ouverte à l'improvisation : Sun Stabbed, duo free noise grenoblois l'a ainsi interprété la toute première fois en août 2008. Depuis j'ai travaillé en étroite collaboration avec Emmanuel Lefrant, musicien et cinéaste qui est devenu le compagnon de route de cette performance. »

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